Où s'en va le journalisme?

Le 4 janvier dernier, je vous expliquais l’importance du rôle des radios communautaires dans l’information locale, pour peu qu’on leur en donne les moyens. Pour peu aussi que le sentiment de perte de confiance envers les journalistes s’estompe.

#Journalisme #Medias #Information #Opinion

Ce sentiment remonte à quelques années déjà. En novembre 2021, un sondage révélait que plus de 65% des journalistes croyaient que la confiance des citoyens envers les médias allait continuer de s’effriter au fil des ans.

La désinformation qui circule dans les réseaux sociaux était invoquée pour expliquer cette perte de confiance, mais il y a aussi la tendance à mélanger le journalisme et la chronique qui n’aide pas, ainsi que le phénomène de bulle journalistique.

Rassurez-vous, en passant, le Québec n’est pas le seul endroit à vivre depuis quelques années déjà cette baisse de confiance envers les médias.

Mais sans doute faut-il relativiser le tout.

Vous allez trouver que je me contredis, mais ce n’est peut-être pas tellement la confiance qui a diminué, mais plutôt la tendance à dire qu’on a moins confiance qui a augmenté.

Où, de la part des journalistes, à croire que la population leur fait moins confiance qu’avant.

Ce ne sont là que des hypothèses.

Par contre, une chose semble certaine, les sources traditionnelles d’information sont moins consultées. C’est le Digital News Canada 2023 qui en fait le constat. Par exemple, près de la moitié des personnes consultées par sondage disaient écouter les nouvelles à la télé en 2016. Elles sont 40% en 2023.

La mort du gatekeeping

Quand j’étudiais les relations publiques, au milieu des années 1980, une des théories enseignées voulait que les médias servent de gatekeepers qui décidaient de l’information dont que les gens allaient prendre connaissance. Il fallait convaincre les chefs de pupitre de l’intérêt public de ce que nous leur proposions comme information pour que ceux-ci assigne un journaliste sur le dossier.

Au.jourd’hui, il n’est plus nécessaire de passer par les médias pour atteindre un public cible. Les médias sociaux, notamment avec le phénomène des influenceur·e·s, sont devenus des relais tout aussi efficaces, sinon davantage.

De fait, nous sommes constamment bombardés d’informations venant de toutes parts. Si vous voulez, pour en revenir aux bonnes vieilles théories de la communication, le bruit est devenu très intense et il brouille de plus en plus les canaux d’information.

Sans parler du rôle de la dissonnance cognitive”).

À un moment donné, dans l’audio sur la page où mène le dernier lien, il est question d’une vérification insuffisante des faits. C’est peut-être une faiblesse qui explique aussi la perte de confiance envers les journalistes. Tout va si vite que leurs propos peuvent contenir des failles sur lesquelles ne manqueront pas de s’acharner les personnes qui veulent les dénigrer en tant que sources fiables d’information.

Certains me répliqueront que dans l’audio auquel je réfère, c’est carrément du journalisme d’opinion. Je suis d’accord, mais si vous en faites et que vous vous exposez à être dénigré sur la base d’erreurs factuelles, ce n’est pas seulement vous mais aussi le média pour lequel vous oeuvrez qui en pâtira.

La crédibilité, ça se gagne lentement et ça se perd rapidement.


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