Les Médias dans l'après Facebook

On le sait, Facebook censure les médias canadiens, ce qui n’aide pas à atténuer les méfaits de l’ère dite de post vérité. C’est tout de même ironique d’apprendre, dans une enquête portant sur l'impact de cette même censure, que 96% des politiciens fédéraux et provinciaux canadiens ont une page Facebook. Cette enquête faisait partie d'une plus vaste étude sur l'état de l'écosystème médiatique canadien.

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Toujours selon l’enquête, faite par l'Observatoire de l'écosystème des médias, la décision de Facebook de censurer les médias canadiens aura contribué «à une perte d'environ 5 millions de consultations par jour des pages des organes de presse officiels».

Constatée dans la plus vaste étude sur l'état de l'écosystème médiatique canadien mentionnée en introduction à ce billet, une autre tendance a de quoi inquiéter:

…en utilisant une nouvelle méthode de collecte de données sur les réseaux sociaux à partir de l’analyse des comptes d’importants influenceurs politiques canadiens, nous avons pu décrire à la fois la concentration de l’influence et sa fragmentation dans le système informationnel canadien.

L’étude a aussi révélé que la plupart des Canadien·ne·s ne suivent pas régulièrement les nouvelles, présentent généralement un faible niveau de connaissances en politique et connaissent mal les personnalités politiques importantes du Canada et des États-Unis.

Je n’ai pas l’impression que c’était si différent avant que les médias sociaux détrônent les médias traditionnels, mais ce qu’il importe de retenir c’est que les influenceur·e·s politiques prennent beaucoup plus d’espace médiatique que celles et ceux que nous élisons pour nous représenter dans les parlements.

Alors qu’au même monent il devient de plus en plus évident que les médias traditionnels ont perdu la bataille pour capter l’attention du public que leur ont livrée les médias sociaux, en particulier Facebook, on peut se demander si la prochaine victime de la désinformation ne sera pas la démocratie.

Il se trouve que la démocratie au temps de la désinformation était justement l’objet d’un forum qui a eu lieu le 30 novembre 2023 au Palais des congrès de Montréal. Les panélistes se sont notamment demandé quels risques sous-tend la désinformation dans notre rapport à la démocratie et dans notre confiance dans les institutions. Les vidéos du forum sont en ligne.

Et si les réseaux sociaux devenaient une chance pour nos démocraties?, se sont pour leur part demandés Anne Alombert et Jean Cattan dans un article publié sur The Conversation le 19 janvier dernier. Leur suggestion pour y parvenir, c’est de «faire évoluer le modèle économique et l’architecture des réseaux sociaux».

C’est pour orienter les réseaux sociaux vers des architectures permettant de créer des espaces de débat, d’apprentissage, d’échanges et de coopération que nous devons agir en premier lieu. Anne Alombert et Jean Cattan.

Pourquoi les médias traditionnels n’aideraient-ils pas eux-mêmes à changer la dynamique des échanges polarisants et de la désinformation en contribuant à une plus grande utilisation des nouveaux médias sociaux dont l’architecture est décentralisée?

Chaque média pourrait ainsi développer sa propre instance basée sur le protocole ActivityPub.

Ce faisant, ils offriraient une alternative qui pourrait peut-être, qui sait, amener Facebook à revoir son modèle d’affaires basé sur le côté sombre de la nature humaine.

En somme, des médias non pas dans mais pour l’après facebook.


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