Vieillir est un risque monétaire

Faudrait que j’arrête de vieillir. À 70 ans et demie, je prends conscience du fait que vieillir pourrait me coûter cher. Pourquoi, alors qu’en théorie l’État fournit des subventions pour adapter mon environnement et qu’il y a des services à domicile au Québec? Justement, c’est là où le bât blesse.

#Vieillissement #Retraite #CoûtDeLaVie

J’aime me faire à manger. C’est pour moi un des plaisirs de la vie. Mais je sais qu’un jour, je risque de ne plus être en mesure de m’accorder ce plaisir. Je devrai alors me tourner vers l’achat de mets préparés. Deux options: acheter des repas complets dans une épicerie ou alors auprès d’un service spécialisé.

Dans les deux cas, le coût d’achat est supérieur à ce que coûte le fait de préparer soi-même ses repas. De deux à trois fois plus pour les repas complets en épicerie, si je me fie à l’expérience de la journaliste Coralie Hogson en 2022.

Auprès d’un service spécialisé comme on en voit de plus en plus surgir, je constate que le coût d’un repas peut varier entre 7 et 10 dollars, soit entre 100 et 140 $ par semaine et je ne calcule pas le coût du déjeuner et des collations dans la journée.

L’autre problème que je sens venir est dû à ma volonté de demeurer chez moi idéalement jusqu’à la fin de ma vie. Dieu merci, j’ai souscrit à une assurance en cas de perte d’autonomie. Parce que pour ce qui est des services à domicile offert par l’État, ça risquerait d’être la croix et la bannière.

Sur papier, les programmes existent et semblent à la fois simples et attrayants, mais lorsqu’on demande à ceux qui ont tenté d’obtenir les services en question, c’est la plupart du temps une tout autre histoire! Vieillir à la maison, combien ça coute?

Dans le même article apru récemment, on précise que «la facture de l’hébergement est beaucoup plus élevée que ce qu’il en coûterait de fournir l’aide nécessaire à une personne suffisamment autonome pour demeurer chez elle».

Notez au passage l’absurdité de la situation.

Un dernier aspect: le coût des médicaments. Certes, l’État rembourse une bonne part de la plupart des médicaments, mais dans certains cas la facture pour la part qui n’est pas remboursée peut s’avérer passablement salée.

Au point où il y a des personnes âgées qui n’achètent pas leurs médicaments en raison des coûts ou qui saute des doses pour économiser.

Au final, je me sens tout de même privilégiée d’avoir les moyens d’absorber les dépenses supplémentaires dues au vieillissement.

Mais combien n’ont pas cette possibilité?

En complément: Eve-Lyne Couturier, Guillaume Hébert et Pierre Tircher. Vieillir au Québec : constats et solutions pour un meilleur système de retraite. Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). 6 avril 2023.


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