Romans

Quand on ne sait voyager
où nul humain n’a posé les yeux,
on n’y voit rien.

Dans un Centre-Ville, en déclin depuis plusieurs années, un libraire résiste à ceux qui veulent acheter son édifice pour en faire une tour d’habitation. Des personnages, invisibles aux yeux des êtres humains, rôdent autour de sa librairie. Une jeune femme surgit d’on ne sait où, répondant au nom de Mademoiselle Florence, et pour qui étrangement ces personnages sont visibles, va devenir l’assistante du libraire. Gardons le mystère sur son origine qui nous sera révélé bien assez tôt. Les personnages ont un chef, Monsieur Jacques, lequel a de grandes ambitions. Or, la Machine, grâce à laquelle il est convaincu de pouvoir parvenir à ses fins, est située sous la librairie. Hélas pour lui, à la suite d’un malencontreux incident survenu jadis, il doit compter sur une aide humaine pour pouvoir la mettre en branle. Mademoiselle Florence sera-t-elle cette aide qu’il n’espérait plus ? Et puis, il y a ce mystérieux informateur… C’est l’histoire d’un libraire qui refuse de laisser démolir sa librairie bien qu’elle ne soit presque plus fréquentée. C’est l’histoire d’un deuil. C’est l’histoire d’une jeune femme, arrivée à l’impromptue, grâce à qui la librairie revit, et un temps le libraire. C’est l’histoire d’un monde parallèle. C’est l’histoire, enfin, d’une anomalie dans notre univers. Tout ceci aura-t-il une fin heureuse ?

Mademoiselle Florence (PDF)


mimoecrit @ bell.net


Nul parmi les Immortels
ne peut t’échapper,
nul parmi les hommes éphémères,
et qui te possède a perdu la raison…
Antigone

Elle est étendue sur le sol, les bras en croix. Le postulat a duré deux ans, le noviciat autant. Mère Supérieure a le visage sombre de ses plus grands échecs. Dieu la voulait, il l’aurait. N’a-t-elle pas fait vœu d’obéissance ? Ce qui plaisait au Père lui suffisait. L’affligeait cependant de ne pas avoir percé le mystère. Qui est-elle ? D’où venait-elle ? Surtout, pourquoi ? Seul, peut-être, l’aumônier le savait. Jamais il ne parlerait. Secret du confessionnal. Que n’aurait-elle donné pour entendre sa confession. Elle se rappela, toute petite, l’attente. L’odeur d’encens. Que dire ? Que lancer en pâture à l’indifférence de ces hommes qui écoutent sans sourciller les péchés d’impureté de vieilles dames édentées ? Quel âge avait-elle lorsqu’elle se sentit obligée, afin de les contenter, d’accuser de plus gros péchés ? La cérémonie avança. Elle prononça hâtivement le premier puis le second vœu. La continence parfaite. La pauvreté. Au moment de prononcer le troisième, l’obéissance, sa voix faiblit. Ce mal ne l’abandonnerait donc jamais.

Il allait lui passer l’anneau au doigt. Elle retira la main. Il s’en émut, ne s’en étonna pas. Lui revint Stendhal : « Serions-nous amoureux si nous n’avions jamais lu de romans d’amour ? »

Serions-nous heureux si nous n’avions jamais été amoureux ?

Privé (PDF)