On peut vivre sans cellulaire

Je suis tombée par hasard sur une affirmation qui m'a fait sourciller. Elle date du 6 février 2019, au début des Journées mondiales sans téléphone portable. La professeure Diane Pacom, de l’École d’études sociologiques de l’Université d’Ottawa, affirma alors à la journaliste Charlotte Mondoux-Fournier ce qui suit: «On ne peut plus vivre sans téléphone cellulaire… c’est un passage obligé». Vraiment?

#Cyberdependance #Ecologie #Recyclage #SanteMentale

Pourtant, cette année-là, je m'en passais sans problème depuis quatre ans déjà.

En 2023, la journaliste d'Urbania Julie Taillon s'est pour sa part demandé si une vie sans cellulaire était réellement possible.

Si 4 adultes sur 5 au Québec possèdent aussi un téléphone intelligent, ça veut donc dire qu’il y a une personne sur 5 qui n’en possède pas. Je suis donc partie à la recherche d’une de ces rares personnes. Vivre sans cellulaire, est-ce que c’est vraiment possible?

Partie à la recherche d'une personne n'ayant pas de cellulaire, elle a rencontré Sonia qui lui a dit qu'elle n'aimait tout simplement pas être joignable en tout temps. Lisant sa réponse, je me suis dit que je n'étais pas la seule à vouloir limiter le temps où je suis joignable.

Selon Statistique Canada, plus la proportion de ménages ayant un téléphone cellulaire augmente, plus l’utilisation du téléphone filaire diminue. Près de 94% des ménages canadiens ont un ou plus d'un cellulaire, tandis que moins de la moitié (47,3%) a déclaré avoir une ligne téléphonique filaire.

En 2021, les revenus totaux générés par les cellulaires (29,2 G $) avaient presque doublé ceux par l'internet fixe (15,3 G $) en 2021. En comparaison, la téléphonie filaire a généré des revenus de 6 G $ en 2021, revenus qui étaient en baisse sur l'année précédente.

J'aurais pu m'inquiéter de la disparition de la téléphonie résidentielle fixe, mais je suis rassurée depuis que la fibre optique a remplacé le bon vieux fil de cuivre là où je vis.

Une chose dont je n'aurai cependant pas besoin de m'inquiéter, c'est la dépendance envers mon téléphone. Contrairement à plusieurs, je ne passe pas mes grandes journées à le fixer bêtement, en attente d'une réaction à mon dernier message dans les médias sociaux.

Déjà en 2013, Brigitte Vincent du Centre de réadaptation en dépendance de Montréal – Institut universitaire, n'était pas étonnée que l'on observe des symptômes troublants chez des gens particulièrement attachés à leur cellulaire.

L'industrie touristique, profitant de l'occasion, a même développé un nouveau produit: les vacances sans téléphone. Une sorte de cure de détoxication ou si vous préférez, de sevrage numérique.

Outre le problème de dépendance chez certaines personnes qui possèdent un cellulaire, il y a aussi l'impact négatif sur l'environnement.

Le Canada est le troisième pire pays au monde en ce qui concerne le taux de recyclage des déchets électroniques des cellulaires, selon Protégez-vous. Nous en recyclons à peine 24%. L'Allemagne a un taux de recyclage trois fois plus élevé!

Ce qui n'aide pas, toujours selon Protégez-vous dont les données sont récentes (5 février 2024), c'est que «les gens changent de cellulaire tous les 20 mois, même si dans la grande majorité des cas leur appareil est encore parfaitement fonctionnel.»

Bref, on peut non seulement vivre sans cellulaire, mais c'est même meilleur pour la santé mentale et pour l'environnement.

En prime, on ne peut pas me géolocaliser quand je me déplace et je ne suis pas bombardée de textos.

Je peux marcher l'esprit en paix.

Source de l’image: freepik.


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