L'État, c'est nous

Aujourd’hui dans La Presse, Francis Vailles pose la question suivante: Dépendez-vous du gouvernement pour vivre ? Notez l’usage du vous plutôt que du nous. Façon subtile de s’exclure de cette dépendance envers l’État qu’il nous reproche tout aussi subtilement.

#État #Richesse #Redistribution #Revenus #Québec

Loin de moi l’idée de contester ses chiffres qui du reste, sont compilés par Statistique Canada. C’est plutôt la lecture qu’il en fait qui me laisse songeur.

«Un manque de soutien social peut mener au désordre, mais un niveau trop élevé peut freiner les solutions optimales hors du cadre de l’État et ainsi siphonner des ressources publiques qui pourraient être utilisées à d’autres fins.» Francis Vailles.

Siphonner est loin d’être un choix innocent puisqu’il peut laisser entendre de l’abus, voire du vol. En passat, j’ai découvert que l’utilisation de ce verbe explose dans le journal Le Monde à partir de 2004. Coïncidence?

Pour ce qui est de l’argent public qui pourrait être utilisé à d’autres fins, vous avez sûrement comme moi des exemples en tête, tel Northvolt.

Je veux bien accorder à Francis Vailles le mérite d’avoir bien saisi la nature profonde du débat: le rôle de l’État dans la redistribution de la richesse par rapport à celui du secteur privé à but lucratif.

On peut en parler.

Oxfam nous apprenait récemment que les cinq hommes les plus riches du monde ont doublé leur fortune depuis 2020 tandis que cinq milliards de personnes se sont appauvries depuis le début de la «décennie des fractures».

Qu’en est-il au juste dans le meilleur pays au monde, au dire de la ministre Chrystia Freeland.

De fait, au Québec comme ailleurs au Canada et dans le monde, on assiste depuis 40 ans à « l’explosion des revenus des plus riches», contrairement à l’évolution des revenus de tous les autres groupes, de sorte que les inégalités de revenus ont plus augmenté qu’il n’y paraît.

La réalité, c’est que le secteur privé à but lucratif est inefficace quand vient le temps de contribuer à ce que chacune et chacun ait un revenu suffisant.

Du reste, ça n’a jamais été son rôle qui est plutôt d’enrichir une minorité.

D’où l’importance d’un État qui redistribue la richesse plutôt que de contribuer au bien-être des plus riches.

Ce n‘est pas de l’État dont nous dépendons, mais de la volonté ou non d’une minorité de faire en sorte que les revenus de la majorité soient suffisants pour nécessiter moins de fonds publics dans le but de corriger ce dysfonctionnement d’un système économique inefficace.

Or, compter sur cette volonté c’est comme attendre la semaine des quatre jeudis.

Aussi bien élire des personnes qui vont oeuvrer pour nous.


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