L'affreux pistage

Au début du Web, on naviguait sans méfiance. Puis est venu le Web commercial qui multiplie depuis les astuces tordues dans le but de ramasser un maximum d’informations nous concernant. Pendant ce temps, nos gouvernements ont regardé passer la parade.

#DonnéesPersonnelles #Sécurité #Cybersécurité #Pistage

C’est devenu une bataille sans fin quand on se promène de sites en sites pour protéger nos renseignements sur où on va et ce qu’on y fait. Même chose quand on envoie des courriels, quand on utilise une application ou quand on possède un objet connecté.

Le problème a pris une telle ampleur qu’on a désormais un mois de sensibilisation à la cybersécurité. Faut dire qu’il y a aussi le cyberpiratage avec ses diverses méthodes de kacking, mais c’est un tout autre sujet.

Au Québec, le gouvernement s’est doté d’un Ministère de la Cybersécurité et du Numérique. Il est dirigé par un ministre dont «la priorité [va] à la modernisation (informatisation?) des services, aux économies d’échelle, à l’infonuagique et à la valorisation marchande de nos données» [Stéphane Roche, Un ministère du numérique, une fausse bonne idée… La Tribune, 14 décembre 2021].

On apprenait récemment que c’est la pagaille dans ce ministère. Pas de quoi nous rassurer sur la protection de nos données personnelles détenues par divers ministères et organismes du gouvernement québécois.

Mais rassurons-nous, le gouvernement fédéral veille au grain grâce à sa Stratégie nationale de cybersécurité (Ta-dam!).

Sauf que quand on lit le Sommaire de l’évaluation à mi-parcours des initiatives réalisées dans le cadre de cette stratégie, on sent qu’elle se perd dans les dédales de l’administration publique fédérale.

Bref, difficile de compter sur nos deux paliers gouvernementaux pour mettre de l’ordre dans la frénésie de cueillette de données par le privé à l’ère du capitalisme de surveillance.

Tout est prétexte à cette captation de données qui ne cesse de s’étendre avec le développement de l’Internet des objets, la multiplication des applications de gestion de la vie courante, les capteurs corporels, les villes intelligentes, etc.

D’autant plus que nos gouvernements cèdent à l’entreprise privée la gestion et le stockage dans le nuage des données qu’ils recueillent sur nous.

Il faut dire que le privé a une longueur d’avance à la fois sur nos gouvernements et sur nos législatrices et législateurs.

J'ai une conviction, simple mais profondément ancrée : le moyen le plus sensé pour se différencier de ses concurrents, le meilleur moyen de créer une distance entre votre entreprise et la masse, c'est de miser à fond sur l'information. La méthode que vous adopterez pour collecter, gérer et exploiter l'information fera de vous un gagnant ou un perdant. »

— Bill Gates (1999).

Bref, on ne sait plus trop ce qu’il en est de la protection de nos données confiées aux administrations publiques et quant à celles recueillies par le privé, Dieu sait ce qu’ils en font.

Le pire, c’est que le privé développe des outils dans le but de nous aider à contrer la cueillette de nos données… par le privé!

Décidément, tout est prétexte à faire de la business, même se protéger de l’affreux pistage.


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