Êtes-vous influençable?

Ce n’est pas nouveau qu’on cherche à influencer nos choix et nos décisions. Ce qui est nouveau par contre, c’est l’ampleur que prend l’industrie de l’influence qui profite de notre vote et ce, à travers le monde.

#Élections #Désinformation #Polarisation #Marketing #Démocratie

Je suis chaque fois étonnée de constater à quel point les gens sont influençables lors des élections, au point de changer massivement d’opinion. Il est vrai que mes propres choix sont particulièrement arrêtés.

Dans le dictionnaire Larousse en ligne, on lit la définition suivante du mot influençable: qui se laisse facilement influencer ; docile, malléable.

Ajoutons qu’il semblerait qu’en groupe, l’humain serait irrémédiablement influençable.

Signe des temps, le New York Times publiait récemment un dossier au titre évocateur: Elections and Disinformation Are Colliding Like Never Before in 2024.

Les journalistes y ayant contribué rappellent d’entrée de jeu que 2024 est une année exceptionnelle à l’échelle mondiale, puisqu’environ la moitié de la population mondiale est appelée à voter au cours de l’année et ce, alors qu’un nouvel acteur inquiétant a fait son apparition dans le monde de la désinformation.

Artificial intelligence has supercharged disinformation efforts and distorted perceptions of reality. All while major social media companies have scaled back their safeguards and downsized election teams.

Notons en passant que dans certains pays, ce n’est pas vraiment l’heure des choix. Le régime en place va s’assurer que l’électorat ne se trompe pas. Qui doute, par exemple, que Vladimir Poutine soit réélu avec une forte majorité en Russie?

Mais dans les pays qui ont une longue tradition démocratique, les lumières rouges s’allument. Est-ce que la démocratie va survivre à la montée de la désinformation et de la polarisation?

Le journaliste Jean-François Venne disséque justement les mécanismes de la polarisation dans un article très éclairant, paru ce mois-ci sur le site de la revue Gestion des Hautes études commerciales de Montréal.

Pour le professeur Yany Grégoire cité dans l’article, «dire que [les gens] sont des êtres crédules qui croient n’importe quoi ne nous avance pas tellement».

Paradoxalement, il y a peu de recherches dans le domaine du marketing sur les mécanismes menant à la polarisation et à son corollaire, la radicalisation.

Sans doute est-il beaucoup plus attrayant de mettre l’accent dans les recherches sur le rafinement des mécanismes du marketing d’influence.

Quitte à mettre en péril la démocratie.


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