Émission ConTempo du 8 novembre 2021 sur CKIA-FM 88.3

Désormais les lundis soir de 22 h 00 à 24 h 00, ou en différé via la baladodiffusion (podcast), je vous invite à découvrir des œuvres actuelles et à faire connaissance avec celles et ceux qui les créent.

Cette semaine, je vous présente des œuvres de cinq compositrices et quatre compositeurs nés entre 1939 et 1994.

Giulia Lorusso, la première dans l’émission, possède un bon bagage académique en piano en composition, en orchestration, en analyse et en informatique musicale. C’est la pianiste franco-américaine Julia Den Boer qui interprète sa pièce, Deserts, de l’album Kermès (Label : New Focus Recordings), une pièce qui s’inspire d’images poétiques associées au désert. L’album comprend quatre œuvres que la pianiste a commanditées et qui ont en commun une approche exploratoire de la résonance, de la sonorité et de la couleur.

Outre la musique classique occidentale, le compositeur David Loeb, né en 1939 s’est intéressé à la culture musicale asiatique et à la musique ancienne. David Loeb s’est tenu à l’écart des courants dominants, que ce soit le sérialisme ou par la suite le minimalisme pour ne nommer que ces deux courants. C’est une pièce pour instruments occidentaux conventionnels que je vous propose de lui dans l’émission, Fantasia sobre como la rosa en el guerto, extraite de son dernier album, Remembrances (Label : Centaur).

La prochaine œuvre provient d’une collection de trois albums intitulés Signing in Tongues (Label: Huddersfield Contemporary Records) qui documentent les opéras et quelques œuvres vocales composées par Liza Lim (1966) pour ELISION, un ensemble de musique nouvelle d’Australie avec lequel Lim entretient une étroite collaboration depuis près de quatre décennies. Je vous présente d’elle un extrait de l’opéra Yuè Lìng Jié (Festin de l’esprit lunaire), dans lequel Chang-O s’efforce de concilier en un seul corps les nombreuses versions d’elle-même qui peuplent son mythe.

On enchaîne avec la suite de cinq pièces Ceaselessly into the Past, dont chacune traite d’un événement passé, souvent à connotation mythique ou religieuse, qui a, d’une manière ou d’une autre, façonné la culture et la vie de l’Irlande du Nord. Elle fait partie du tout récent album Light of shore (auto produit, disponible dans Bandcamp) du compositeur nord-irlandais de Belfast, Anselm McDonnell (1994), un compositeur qui écrit pour orchestre, ensembles de chambre, solistes et électronique, avec un intérêt particulier pour les œuvres vocales et chorales.

Après l’Irlande du Nord, on demeure dans le Nord, plus précisément dans la région de la Baltique, avec la compositrice finlandaise Lotta Wennäkoski, née à Helsinki en 1970. Elle a d’abord appris le violon, puis la théorie musicale, la musique folklorique hongroise et la composition. La pièce que j’ai choisie d’elle, Culla d’aria, fut une commande du Concours international de musique de chambre Kuhmo, créée en 2004 par plusieurs quatuors à cordes dans le cadre de ce concours. Le titre italien signifie « berceau de l’air ». C’est l’une de ses pièces les plus jouées. Le quatuor à corde Kamus interprète la version comprise dans l’album For the Baltic Sea (Label : Alba Records).

À propos de la prochaine pièce de l’émission, la pianiste Inna Faliks avait demandé au compositeur Billy Childs (1957) de réimaginer « Scarbo » de Ravel (extrait de Gaspard de la Nuit. Childs s’est attaché à l’image de Scarbo en tant que gobelin maléfique et dans son esprit, ça s’est transformé en une histoire américaine tristement familière, dans laquelle un homme noir est poursuivi. Sa composition, Poursuit, fait ressortir l’urgence du moment, tout en créant une nouvelle œuvre aussi diaboliquement difficile à jouer que le célèbre casse doigts de Ravel. Elle fait partie de l’album Reimagined (Label : Navona Records), dans lequel Inna Faliks interprète neuf pièces récentes qu’elle a commanditées.

L’émission se poursuit avec la. Compositrice Hannah Lash (1981). Membre de la faculté de composition de la Yale School of Music, elle possède un doctorat en composition à l’université de Harvard et elle est également diplômée en harpe du Cleveland Institute of Music. L’œuvre que je vous présente d’elle, Leaves, Space, provient de l’album For Claire & Philip (Label : Furious Artisans), du River Town Duo, un duo formé de Philip Alejo à la basse et de Claire Happel Ash à la harpe, une formation rare.

La prochaine pièce, Dream Machine, du compositeur Charles Philip Daniels Torres, né à Mexico en 1985, fait partie de l’album The space in which to see (Label : New Focus Recordings) de l’ensemble Borderlands. Après avoir joué plusieurs années dans un cadre orchestral, ils voulaient explorer de nouveaux formats de concerts et cultiver des relations avec leur public et plus globalement la communauté. Leurs concerts visent à briser les barrières imposées par les traditions de la musique classique, afin de la rendre plus attrayante et pertinente pour tous.

La dernière œuvre de l’émission, Youmec de l’album Interialcell (Label : Kairos) est de la compositrice Aleksandra Gryka (1977). Dans les notes de l’album, on apprend qu’elle est à la fois énigmatique et fascinante. Elle ne commente pas ses œuvres, ne donne pas d’interviews et ne permet pas aux critiques d’avoir un aperçu de ses partitions. Elle est également mystérieuse dans sa musique : ses œuvres sont comme des planètes avec leur propre atmosphère et leurs propres lois.

C’est tout pour cette semaine. Vous pouvez soutenir la radio communautaire CKIA-FM 88.3 en vous rendant sur cette page.

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Playlist Spotify de ce qui a joué: