Émission ConTempo du 18 octobre 2021 sur CKIA-FM 88.3

Désormais les lundis soir de 22 h 00 à 24 h 00, ou en différé via la baladodiffusion (podcast), je vous invite à découvrir des œuvres actuelles et à faire connaissance avec celles et ceux qui les créent.

Notre voyage musical débute cette semaine dans les Baltiques, avec la compositrice Lithuanienne Žibuokle Martinaityte (1973). L’album d’où provient la pièce que je vous propose est sorti cette année. Elle-même qualifie cette pièce d’hédonisme acoustique. Imaginez un parfum distillé à partir de plusieurs sortes de fleurs. La pièce s’intitule Millefleur et c’est la plus courte des quatre oeuvres de l’album qui s’intitule Saudade [Label Ondine]. Elle est interprétée par l’Orchestre symphonique national de Lithuanie.

Le prochain compositeur, Éric Tanguy est né en France en 1968, l’année de la révolte étudiante. La pièce que je vous présente, Matka, provient de l’album Tanguy: clarinet concerto, violin concerto no. 2 (Label Ondine,) un album qui présente trois oeuvres de lui. En Finnois, la langue de la majorité en Finlande, Matka veut dire journée. Dans cette vidéo, Éric Tanguy explique l’origine de l’oeuvre qui est un tribu au compositeur Johan Sibelius, une source d’inspiration depuis plusieurs décennies.

La prochaine pièce est le résultat d’une collaboration étroite entre la compositrice et musicienne Bára Gísladóttir (née 1989) et le compositeur et aussi musicien Skúli Sverrisson (né en 1966). Petite parenthèse, en Islande le suffixe dottir veut dire fille de tandis que le suffixe son signifie fils de. Il y a quelque chose de céleste dans l’album Caeli sorti cette année, d’où provient la prochaine pièce. Caeli est un terme latin qui se traduit par cieux, possiblement en référence aux sept cieux que l’on retrouve dans les traditions juive, chrétienne et musulmane. Quoiqu’il en soit, l’album est un long voyage à travers diverses dimensions, se fondant en un tout sans frontières, doté d’une texture riche et animée. Dans le cas de la pièce que j’ai choisie, Cieli Pesanti, c’est le ciel pesant qui est créée par Gísladóttir et Sverrisson. Nous sommes à la limite de la composition et de l’improvisation.

La prochaine oeuvre fait partie d’e l’album Vox/Viola (Label: Tundra) album dont toutes les pièces ont été commandées par l’altiste Wendy Richman, membre fondatrice de l’International Contemporary Ensemble. La pièce origine d’une oeuvre de Giacinto Scelsi, Manto III , datant de 1957 qui associe des techniques étendues sur alto à un texte chanté tiré de réponses de l’oracle de Delphes, l’oracle le plus célèbre de la Grèce antique. Scelsi Frammenti (composée en 2010) du compositeur Lou Bunk s’inspire de Scelsi en plaçant un texte de consonnes et de voyelles qui ne refèrent pas à des mots en particulier sur une partition d’alto retranscrite de ses propres improvisations sur un instrument à archet qu’il avait inventé.

L’album Wooden Bodies (Label: Footprint Records) est un instantané d’une décennie de créativité contemporaine que privilégie le quatuor à cordes Malva qui aime interpréter la nouveauté et l’inhabituel. Ce quatuor suédois essaie constamment de repousser les limites, en expérimentant avec les sons, tout en ayant une approche ludique de la création musicale. La compositrice également suédoise Tebogo Monnakgotla (1972) a eu une commande du quatuor pour l’oeuvre que nous allons entendre qui est également le titre de l’album.

Le prochain compositeur, Sebastian Fagerlund est né en 1972 à Parainen, en Finlande. Je vous présente de lui une oeuvre extraite d’un récent album, album qui porte le même nom qu’elle, Oceano (Label BIS). L’oeuvre a été jouée dans le cadre d’une série de concerts donnés en des lieux situés sur l’ancienne route postale reliant Turku et Stockholm, en passant par les îles Åland. Ancienne route postale, imaginez cette époque en écoutant l’oeuvre.

On poursuit avec une oeuvre de la compositrice et pianiste iranienne Niloufar Nourbakhsh, née à Téhéran en 1992 et qui vit à New York. L’oeuvre que je vous présente d’elle est inspirée des premières lignes du roman Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, alors que le colonel Aureliano Buendía faisant face au peloton d’exécution, se souvient du jour où son père lui a fait découvrir la glace. La pièce Firing Squad s’inspire structurellement de cette phrase, en explorant le moment intense de la confrontation avec la mort et en l’élargissant à tous les sentiments et souvenirs possibles que l’on peut éprouver avant de dire adieu à la vie. C’est le quatuor Akropolis Reed, dans leur album Ghost Light (Label New Focus Recordings) qui l’interprète.

On se déplace vers la côte Ouest des États-Unis, là où vit le compositeur Thomas Kotcheff, né en 1988. Tout comme Niloufar Nourbakhsh, il est également pianiste. L’oeuvre que je vous présente de lui est extraite du premier volume du « Schubert String Quartets Project », un album du Quatuor Alinde (Label Haenssler Classic). Leur nom est inspiré du lieder Alinde qui dépeint un homme qui attende sa maîtresse avec un malaise toujours plus grand. Viendra-t-elle ? Il l’appelle, encore et encore, « Alinde, Alinde ! » – mais viendra-t-elle ? Kotcheff réinterprète ce sentiment pour le XXIe siècle dans la piàce Unbegun, en jouant sur la forme et les harmonies originales de Schubert.

L’émission se termine avec une oeuvre provanant de l’album récent Within the Within du percussionniste Jeremy Muller (Label: Alnany Records). L’oeuvre est de Cristyn Magnus, née en 1975. Elle a notamment développé des logiciels utilisés par des artistes sonores, des compositrices et des compositeurs. Bref tout un champ qui doit être fascinant à explorer. Pour l’oeuvre Pitch vs Computeur incluse dans l’album, Cristyn Magnus et le percussioniste ont étroitement collaboré.

C’est tout pour cette semaine. Vous pouvez soutenir la radio communautaire CKIA-FM 88.3 en vous rendant sur cette page.

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Playlist Spotify de ce qui a joué: