Émission ConTempo du 27 septembre 2021 sur CKIA-FM 88.3

 

L’émission de cette semaine débute par une oeuvre de Tansy DaviesDune of Footprints, inspirée de la grotte de Niaux, située dans le sud-ouest de la France. L’oeuvre est extraite du dernier album consacré à ses oeuvres, Nature, un album qui m ‘a agréablement surprise. Il est sorti en avril dernier sous étiquette NMC Recordings, un label doté d’un statut d’organisme de bienfaisance en Grande-Bretagne qui soutient les nouvelles musiques de ce pays et de l’Irlande. Compositrice britannique née en 1973, Tansy Davies a remporté en 1996 le Concours des jeunes compositeurs décerné par la BBC. Pas mal pour une jeune femme de 23 ans alors, qui avait débuté son adolescence musicale dans un groupe rock. 

Le prochain compositeur, Oliver Searle, dit s’inspirer de réflexions personnelles sur des événements passés à partir de ses expériences de vie. L’oeuvre que je vous présente de lui est un bon exemple, étant inspirée d’un phénomène bine connu des Québécois. Elle s’intitule Snowbirds et fait partie de l’album Pilgrim of Curiosity sorti le 24 septembre sous étiquette Delphian Records. Interprétée par le Le Royal Scottish National Orchestra Wind Ensemble, la pièce a été écrite en se remémorant ses cousins vivant désormais aux États-Unis. Je la dédie aux Québécoises et Québécois qui s’apprêtent à descendre vers la Floride.

Parlant des États-Unis, c’est une oeuvre de la compositrice américaine Anne Neikirk qui suit. Elle résulte d’une commande du percussioniste Thomas Kolakowski. L’idée centrale de l’œuvre met en scène des bols de prière et qui s’articule autour du symbolisme des drapeaux de prière tibétains, connus sous le nom de Lung Ta. Anne Neikirk est née en 1983. Elle enseigne à la Norfolk State University en Virginie. Norfolk, c’est tout à côté de Virginia Beach, pour faire un lien avec la pièce précédente Snowbirds. Lung Ta qui se traduit littéralement par « Cheval du vent », une allégorie de l’âme humaine dans la tradition chamanique d’Asie centrale. Le percussionniste Adam Vidiksis interprète Lung Ta, une pièce qui provient de l’album Spring Shadows (Label: Ravello).

Le titre en français de la pièce qui suit donnerait « Empreintes de pattes dans un ciment frais ». Elle est de la compositrice Italienne Clara Iannotta, née en 1983 tout comme la compositrice précédente. L’album Moult, d’où est extraite la pièce, est du Label Kairos. Sa musique est marquée par l’utilisation de sonorités très subtiles, souvent situées dans le spectre de l’aigu, dont l’amplification permet de rendre audible les harmoniques, eut -on lire sur le site de l’Ircam. C’est l’ensemble L’Instant Donné, qui interprète la pièce, paw-marks in wet cement (ii). Pour en savoir davantage sur la pièce, rendez-vous sur cette page du site de la compositrice.

L’année 1983 est très présente dans cette émission. Après Anne Neikirk et Clara Ianotta, Alessandro Perini est également né en 1983, en Italie tout comme Clara Ianotta. Sa musique est représentative d’un courant musical qui va au-delà de l’instrumentation traditionnelle, voire électronique, en créant carrément de nouveaux instruments, allant même jusqu’à les fabriquer au besoin. La pièce que je vous présente de lui, Rondò, est extraite de l’album tout récent The Expended Body du Label Kairos. Sur le site hackster.io, Perini explique qu’il a toujours voulu désaccorder et réaccorder automatiquement les cordes d’une guitare pendant que le guitariste joue ». Il a réussi et y donne la méthode sur le site kackster, pour celles et ceux que cela pourrait intéresser.

La prochaine pièce a été écrite en 2012 par la compositrice norvégienne Maja Ratkje, née en 1973.  La pièce que vous entendez d’elle, A dismantled ode to the moral value of art, se veut amusante, mais pas moins sérieuse, une sorte chorale burlesque on entend de tout.  Elle est interprétée avec beaucoup de virtuosité par Nordic Voices, dans l’album Everything is gonna be alright (Label Aurora). Ratkje y fait référence à quatre décennies d’utilisation de l’Ode à la joie de Beethoven comme hymne de l’Union européenne, la pièce commence de manière énigmatique avec des effets vocaux qui peu à peu ressemblent à des approximations vocales de sons de la musique électronique d’il y a un demi-siècle. Au fur et à mesure que le rythme augmente, des fragments de Ludwig Van Beethoven ( se font entendre. L’œuvre se termine de manière théâtrale : les chanteurs s’effacent peu à peu, laissant un soliste baryton solo entonner « everything is gonna be alright » de la légende du rock canadien Neil Young.

L’oeuvre suivante, Frame I, est de la compositrice Elnaz Seyedi, née en 1982 à Téhéran. Elle a fait des études en informatique à l’université Azad tout en étudiant la théorie musicale et la composition. En 2007, elle s’installe à Brême en Allemagne, y approfondissant ses études de composition avec entre autres, la compositrice coréenne Younghi Pagh-Paan. Nous entendons d’elle une oeuvre qui fait partie d’un album récent du Label Dreyer Gaido, Consord – Seyedi, Muntendorf & Kampe: Works.  Consord est le nom de l’ensemble qui interprète les pièces de l’album. Il s’est fait un nom en interprétant la « Nouvelle musique », prise ici dans un sens large, pouvant aller d’Edgar Varèse à Elnaz Seyedi, en passant par Frank Zappa et Brigitta Muntendorf dont on retrouve également deux pièces dans l’album. 

Toujours dans le courant «nouvelle musique», la dernière oeuvre de l’émission, Exploding Stars, est de la compositrice Irlandaise Linda Buckley, née en 1979. Buckley, une des figures de proue de la florissante scène irlandaise de la nouvelle musique, propose une fusion de sa formation classique avec les mondes du post-punk, du folk et de l’ambient electronica. Linda Buckley, docteur en composition du Trinity College de Dublin, enseigne la composition au Royal Conservatoire of Scotland. L’album dont est issue l’oeuvre s’intitule From Ocean’s Floor (Label: NMC). Buckley y combine chant traditionnel et  paysage sonore électronique, reliant ainsi le passé et le futur. L’oeuvre a inspiré au cinéaste Tadhg O’Sullivan un court film où l’on voit défiler la nature irlandaise. Effectivement, on peut voir l’oeuvre comme un long travelling dans la campagne irlandaise. C’est le violoniste Darragh Morgan qui l’interprète.

C’est tout pour cette semaine. Vous pouvez soutenir la radio communautaire CKIA-FM 88.3 en vous rendant sur cette page.